le film

Une création partagée en psychiatrie sur le thème du rêve 2011-2013

‘dans la tension entre soi et les autres : la circulation de l’inspiration’

 

 

Ce travail s’appuie sur 2 ateliers menés par Séverine Mathieu au Pôle Psychiatrie Centre, service du docteur Samuelian, et par Emmanuel Vigier au CMP Sainte-Marguerite, service du professeur Lançon. Les 2 ateliers consistent à accompagner 2 groupes de patients et soignants du milieu psychiatrique dans la réalisation de plusieurs films courts, sur la thématique du rêve nocturne ou de la rêverie, guidés par 2 intervenants extérieurs, réalisateurs.

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Le sujet

La matière de ces 2 ateliers cinématographiques est constituée par nos rêves et nos rêveries: ces histoires courtes que nous ramenons dans nos filets quand nous « revenons à la réalité », que nous parvenons à nous rappeler, que nous savons raconter et investir émotionnellement, qui ont un début, une fin et une courbe narrative, cette part mystérieuse de nous-mêmes, les récits intérieurs.

Pendant 2 ans et demi, nous avons choisi des rêves/rêveries (parmi ceux des patients, des soignants et des intervenants réalisateurs) puis nous les avons traduit en cinéma, en se servant de leur potentiel audiovisuel et narratif, sans les interpréter.

Ce projet hérite inévitablement de plusieurs conceptions du rêve (de la psychanalyse, des neurosciences…) mais ne se situe dans aucun de ces champs car c’est en tant que récits, dotés d’une dramaturgie, que les rêves nous intéressent.

Le style

Ces productions originales sont d’emblée des histoires visuelles et sonores, proches du cinéma. Le but était de les utiliser pour mettre en scène les liens entre les émotions (et sensations) du rêveur et les éléments du réel auxquels ils se réfèrent. Il ne s’agit pas d’illustrer en images les récits de nos nuits, mais de faire sens avec le réel, de redessiner ses contours.

Il ne s’agit pas non plus d’adopter une mise en scène de fiction pure, mais plutôt d’aller chercher dans le réel des éléments évoqués par le rêve, pour être toujours au carrefour entre vie psychique et réalité, entre intérieur et extérieur avec ouverture vers l’environnement.

Le processus créatif qui consiste à adapter un rêve au cinéma exige que le rêveur se pose la question de son point de vue. Comment émotions et sensations ressenties pendant le rêve /la rêverie peuvent-elles se traduire dans l’image et dans le son ? Ce sera à la subjectivité du rêveur d’induire les choix de mise en scène.

L’intime et le collectif

Même quand ils ne sont pas interprétés, les rêves informent sur l’univers du rêveur.

Raconter son rêve, c’est livrer aux autres une part de son intimité ; écouter le rêve de l’autre c’est aller à sa rencontre. Il y a là du partage.

Partage de ce que Jung nomme « l’inconscient collectif ». Si certains de nos rêves transportent des archétypes émotionnels forts et universels, alors ils relient les humains entre eux. Que ce soit à travers des objets symboliques, des formes géométriques ou des décors.

Objectifs

Ces ateliers s’articulent sur deux axes parallèles, l’un artistique et l’autre thérapeutique, qui ont en commun le champ émotionnel.

Visées artistiques prises en charge par les réalisateurs :

  • inviter les participants à s’exprimer en utilisant leurs rêves (ainsi que leur imagination, leur histoire personnelle, leur univers) dans le but de fabriquer des objets filmiques pouvant être partagés avec un public
  • travailler les transitions : du réel à l’imaginaire au réel
  • favoriser l’appropriation du réel par sa représentation et la construction d’un point de vue singulier
  • initier à l’éducation à l’image par la pratique amateure et à une lecture critique des images et des flux audiovisuels A l’issue des 2 années, chaque atelier aboutit à une demi-douzaine de films séparés. Ces films sont diffusés dans le cadre d’une programmation. Ils sont assemblés par cycles de 3 rêves, introduits par un extrait de notre « Festin de rêves » décrit plus bas.

Voir un film : ‘Tokyo’ de Séverine Mathieu

 

  • Déroulé de l’atelier :

    Les participants (patients, soignants et intervenants réalisateurs) ont d’abord choisi un rêve (ou une rêverie). Un qui parait fort sur le plan dramaturgique, visuel et sonore. Un rêve riche, récurrent peut-être…

    Puis ensemble nous avons travaillé ce récit, par oral ou par écrit.

    Nous avons organisé un « Festin de rêves », le jeudi 9 juin 2011, un temps commun aux 2 ateliers, pendant lequel chacun a raconté son rêve, autour d’une table. Ce festin a été filmé à 2 caméras.

    A partir de là, chaque film (5 à 7 min environ) a vu le jour dans chaque atelier.

    Nous veillons à l’assemblage global pour élaborer une résonance des films entre eux

    Visionner des films ensemble :

    En partenariat avec l’ADAV, dis-FORMES et Cailloux organisent un cycle de projection à destination des patients et des soignants du projet. Les deux réalisateurs, animateurs des ateliers, Severine MATHIEU et Emmanuel VIGIER, choisissent des films en écho avec la thématique du rêve ou parce qu’ils posent des notions précises de mise en scène. La projection est organisée, à raison d’une tous les 2 mois, au Parvis des Arts ou au Cri du Port.

    Liste des films projetés:

    Peter Ibbetson (H. Hathaway)
    La vie est belle (F. Capra)
    Mulholland Drive (D. Lynch)
    Le Charme discret de la bourgeoisie (L. Bunuel)
    Journal intime (N. Moretti)
    Opening night (J. Cassavetes)
    The sun experiment (É. Florenty & M. Türkowsky)
    One Two Many (M. de Boer)
    Montemor (I. Duarte)c