atelier/Séverine Mathieu

…  au Centre Hospitalier Edouard Toulouse
(dans l’unité temps plein fermée et hôpital de jour Henri Collomb)

Ces ateliers proposent à des patients et des soignants de travailler ensemble pendant 6 mois et d’élaborer ainsi un film, de A à Z, de l’écriture jusqu’à la diffusion finale.
Au fil des 4 années, quatre fictions ont été écrites par les patients, puisant certains éléments du scénario dans leur propre vie afin de créer des personnages. Ils en ont inventé les dialogues en jouant les scènes de manière improvisée lors des répétitions au pavillon ou à l’hôpital de jour. Puis ils ont tourné en décors réels et effectué le montage.

Ecriture

Lors de cette phase, le travail de Séverine Mathieu consiste à solliciter l’imaginaire des patients et des soignants. Le but est d’accéder à un scénario commun tout en laissant vivre, autant que possible, la logique propre aux participants.

Tournages 

Lors des tournages, la question est celle de l’espace. Comment se saisir d’un décor réel? Où mettre la caméra?
Les patients n’apprennent pas leur texte. Ils tournent dans un état d’improvisation, nourrie et balisée par les répétitions préalables. Dans  ce travail de répétition, plusieurs patients ou soignants jouent tour à tour le même rôle. Au tournage, celui qui joue le personnage est donc chargé de ceux que les autres lui ont apportés. La captation du tournage possède la fugacité et l’inventivité de l’instant. Ce sont les patients qui tiennent la caméra, donnant à la qualité de l’image une fragilité toute particulière.

Montage

Cette étape est la plus fastidieuse pour la plupart d’entre eux. Se voir ou s’entendre peut être un choc.Ils doivent dépasser l’abstraction et la lenteur du processus d’assemblage.Choisir une prise leur apprend à la regarder. 

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Films issus de ces ateliers

« Trafic de liberté » – 2007 – 15 min
Seul chez lui, René reçoit la visite du Shibani, le vieux monsieur maghrébin, qui vend des tapis dans la cité. Comme René est pauvre, il parvient à négocier le tapis contre une place pour un match de foot au stade Vélodrome de Marseille. Le Shibani revend la place à un petit trafiquant qui sévit parmi la foule devant le stade, pour envoyer au bled de quoi faire vivre ses 6 enfants. C’est à ce moment que la police débarque et coffre le trafiquant qui s’avère être un clandestin. Reconduit au Port Autonome pour être renvoyé dans son pays, de l’autre côté de la Méditerranée, le trafiquant s’enfuit, courre le long du quai, tombe sur un vieil ami, et parvient à échapper à la police.

« Tatoo perdu » – 2008 – 20 min
Dans la salle de jeux du Casino de Bandol, autour de la table de la roulette, une bagarre éclate entre deux « potes de cité » venus « flamber », une princesse aux pieds nus, habituée des lieux, et un croupier qui voudrait bien aller au bout de la partie.

« Métamorphose » – 2009 – 27 min
Des patients en psychiatrie (Unité temps plein et Hôpital de jour) puisent dans leurs souvenirs personnels pour inventer ensemble une histoire. De ruptures en accidents, d’élans en délires, le film peut être vu comme la tentative de raconter l’entrée en psychiatrie.

« Accord perdu » – 2010 – 25 min
Maria coud de beaux vêtements. Petit à petit sa couture se dégrade, épousant les variations de l’état psychologique de son mari Antoine. Celui-ci est d’abord licencié, puis ruiné par les fluctuations boursières qu’il a crues salvatrices mais qui s’avèrent catastrophiques. Antoine ne peut que fuir provoquant alors l’attente inexorable puis l’hospitalisation de Maria.

 Diffusions

    • La SISM (Semaine d’Information sur la Santé Mentale), Marseille, Mars 2008 et 2009. Interventions à l’IFSI (Institut de Formation des infirmiers)
    • Colloque « Les Croix marines », Marseille, 2008
    • Festival « Cinéma et psychiatrie », Lorquin, 2008/09/10
    • Festival « Les Ecrans documentaires », Arcueil, 2008
    • 8èmes Rencontres vidéo en santé mentale, La Villette, Paris, 2008
    • Journées de l’AFRET à l’Astronef Marseille, Novembre 2010
    • Journée de clôture des 4 années d’ateliers, ‘Astronef, Juin 2010

En 2009 et en 2010, les ateliers se sont inscrits dans le programme « Passeurs d’images » de la DRAC Paca. Un cycle de projections de films empruntés au catalogue de l’ADAV s’est déroulé à l’Astronef. Les films sélectionnés ont été choisis en écho aux problématiques rencontrées lors de la réalisation du film d’atelier « Métamorphose ». 

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